dimanche 22 avril 2018

AJGER

LA PISCINE OLYMPIQUE D'EL KETTANI

ALGER

L'OPERA DE NUIT

PADOVANI


ALGER


RELIGION

NOTRE DAME D'AFRIQUE EN 1880

mercredi 18 avril 2018

GSA....GALLIA SPORT ALGEROIS







ASSE


ASSE CADETS

LANDI, VANUTELLI, SAUVEUR PAPPALARDO, GUARACINO, X, CHELPI ET PAUL BARON, DOMINIQUE PAPPALARDO ET PEREZ QUI ONT JOUE EN EQUIPE PREMIERE. 




lundi 16 avril 2018

ALGER


CHERCHELL


ALGER


ARZEW


ALGER

AVENUE DE LA MARNE PHOTOGRAPHIEE DE L'AVENUE DE LA BOUZAREAH

MA MERE JUIVE D'ALGERIE de Hubert ZAKINE


EXTRAIT
Au cours de nos éternels voyages au pays du bonheur, nous endossions nos habits de lumière et nous débarrassions de nos manteaux de pluie. Nos visages s'empourpraient de rires et délaissaient le rictus déposé par le froid sur nos mines gelées. Alors, pour une après-midi de nostalgie, la maison s'éclairait de souvenirs arrachés à la tourmente et, par la magie des mots, renaissaient la ville blanche, ses jardins, ses arcades, ses hommes et ses femmes, ardentes braises d'une France de méditerranée, entretenues par le souffle puissant du sirocco, bouffée de chaleur qui nous brûlait, jadis, la gorge et les yeux, vent de folie d'aujourd'hui que l'exil parait de toutes les vertus.
Solitaires parmi la multitude, nous convenions de ne pas nous laisser distraire par l'environnement de grisaille qui collait aux murs de la triste cité, tu parlais d'un pays que je connaissais mais qui avait laissé, à mes lèvres avides, un goût de trop peu. Je buvais, alors tes paroles et recevais la plus belle leçon de géographie, d'histoire et de sociologie sur la terre d'ALGERIE, ta terre d'ALGERIE, ma terre d'ALGERIE. La plus belle parce que la plus nostalgique, la plus empreinte de cette trace indélébile qu'anime l'amour désintéressé, la plus désespérée aussi.
En perdant ton pays, tu avais perdu les petites choses de ta vie, insignifiantes pour le commun des mortels mais pas pour une exilée involontaire, pas pour son petit peuple pied-noir et ses petites joies, ses petits malheurs et ses petites espérances. Te recueillir sur la tombe de ton époux, de tes parents, de ta famille, t'asseoir au jardin de ta jeunesse, sillonner tes ruelles les yeux fermés, te sentir chez toi partout dans cette ville immaculée, rencontrer tes amitiés au détour du hasard, t'inviter sans façon chez une voisine pour "taper" le kawa, humer tes odeurs familières, reconnaître les bruits de ta rue, mille détails qui favorisaient une vie plus belle, pauvre mais belle comme le mois de mai de ton pays. Tous ces petits bonheurs, arrachés par l'exode, adoucissaient ton existence et le déracinement n'en fut que plus douloureux.
Ces sonates d'hiver que tu jouais sur le piano de ma nostalgie, je les entends lorsque la solitude frappe à ma porte. Telle une musique qui envahit l'auditorium en isolant du reste du monde, tel le chant lancinant de la mer qui berce le navigateur solitaire, tes récits d'un autre temps occultent mon environnement familier et me parlent d'une époque que je ne veux pas oublier.
Pourtant, ALGER se meurt dans les mémoires. Les convois funèbres emportent les vestiges du temps passé. Les anciens nous laissent l'héritage défiguré d'une époque où rien n'était pareil. Les rapports entre les gens, la richesse du coeur, le sens du tragique et celui du comique, le respect des femmes et des choses, l'amour du pays et du drapeau, la fidélité aux amitiés d'enfance et le sens de la famille.
ALGER se meurt et se dilue comme la poignée de farine que tu déversais dans l'huile de la fête, ma mère juive d'ALGERIE. Par un effort de mémorisation inhumain, je conserve les images et les mots. Les visages, même. Derrière moi, à côté de moi défile le cortège des mélancolies. Au-delà, le voile pudique de la nostalgie a tamisé le chagrin, ouvrant la voie de l'oubli à la majorité. La fatalité orientale en couverture.
Il est aisé de claironner :"S'il n'en reste qu'un........". Mais lorsque la volonté de ne pas oublier s'adjoint la complicité de la nostalgie, le rempart devient, alors, inexpugnable. Tout ramène à l'amour. Peu importe d'être le dernier, l'ultime recours, seul contre tous à maintenir le cap, raillé par les sots ou plaint par les ignorants. Choisir de demeurer fidèle à ce que je suis. Pour moi. Pour mes aïeux. Pour rendre hommage aux nombreux convois qui endeuillèrent mon pays et couchèrent tant d'hommes et de femmes dans nos cimetières marins. Pour ma terre natale, horizon d'azur cuirassé d'argent, sol généreux pour les manches retroussées, paradis des humbles gens dont je suis, avec fierté. Comme tu l'étais, ma mère juive d'ALGERIE. Les chats ne font pas des chiens!

SAINT EUGENE



ALGER

L'HOTEL EXCELSION AU COURS DE L'AMENAGEMENT DU BOULEVARD LAFERRIERE

ALGER

PENDANT LA CONSTRUCTION DU GOUVERNEMENT GENERAL

samedi 7 avril 2018

TCHALEFS D'UN ENFANT DE BAB EL OUED


LE CHAT NOIR DE SAINT-EUGENE
Au stade de Saint Eugène, derrière les buts, les architectes y z’avaient prévu de construire une tribune en dur. Seulement, y avait un hic car derrière le but y s’élevait une petite maisonnette qui appartenait, parait-il, à Boret, avant centre buteur de l’ASSE. Mon oncle, toujours y me racontait qu’il l’avait vu marquer un but qui avait transpercé les filets imitant en cela, De Villeneuve qui avait une sacrée réputation de bombardier.
Les travaux y z’avaient commencés et Boret il habitait plus la maison sans doute en raison de la poussière de tuf que les machines elles soulevaient. Dans ce petit logement, quelques chats y z’avaient élu domicile le week-end quand le calme il était revenu.
Un dimanche, le club local, l’ASSE y recevait le Red Star Algérois de Pierre Ponsetti, l’une des gloires du football Nord Africain et international français comme il y en eu tant. Comme d’habitude, Tonton Léon y m’emmenait au stade avec ses fils et la tonne de casse-croutes. (Je crois qu’on disait pas encore sandwiches ! A savoir !). Le stade, il était noir de monde quand on est arrivé tout excités comme des supporteurs de chez nous. Le match des réserves, il a débuté pendant les retrouvailles des uns et des autres, les mabouls qui préparaient leur attirail pour faire la bamboula, style crécelles et sifflets, les morfals y se tapaient leurs casse-croutes, des autres qui leur mettaient les yeux, des autres encore qui z’avaient pas emporté de quoi manger, enfin, c’était pareil tous les dimanches.
Quand le match des premières (c’est ainsi qu’on appelait les équipes phares) il a commencé, on s’est rendu compte qu’y fallait presque se cotiser pour acheter un maillot décent aux joueurs du Red Star. On s’est dit que leur maillot, y z’avait dû l’acheter au marché aux puces de Bab El Djidj. Plus vieux, plus délavé et plus raccommodé que ça, ya pas, ça existait pas. Peut-être qu’y voulaient prouver que c’était le maillot d’un club communiste ! Parce que Red Star pour ceux qui le savent pas, ça veut dire Etoile Rouge ! Nous, on s’en foutait comme de notre première chemise que ma mère elle avait repassée souâ-souâ. Et, le Red Star y marque pas le premier but à la stupéfaction générale !
On se fait pas trop de mauvais sang parce qu’on est sûr d’égaliser avant cinq minutes. L’ASSE, elle domine de la tête mais pas des épaules parce que Archimbaud, l’avant centre du Red Star y tape une olive à toute la défense des « rouge et blanc » et y marque le deuxième but. La consternation, j’vous dis pas ! Le temps de respirer et drop ninette, les « Etoilés » y plantent un troisième pion au gardien Saint Eugénois.
3 à 0, tain la tannée ! Le temps y défile sur notre désillusion. (Purée, le poète ! On se console comme on peut !). Tonton Léon y commence à quitter la tribune, dégouté de la vie. Nous z’autres, même plus on regarde le match, on va aller taper une bonne belote pour cacher la honte qui nous mange la figure. Les Gallistes, y vont en faire des gorges chaudes tellement y vont être contents que l’ASSE y se sont tapés une de ces tléras à s’en souvenir toute la saison.
C’est là, que le chat noir, il entre en jeu. Le chaton, comme un fait exprès, y sort de la maison et sur l’instant, Vuillet, l’ailier droit de Saint-Eugène y marque. Mon oncle y revit. « Illié !Illié ! Illié ! ».
Tonton Léon y remonte à sa place et, alors que le chat noir y se promène devant la maison, Vuillet y récidive ! Re illié 3 fois ! Les supporteurs de l’ASSE y reprennent des couleurs. Purée, c’est pas vrai, y sont déchainés les « rouge et blanc ».
Y reste dix minutes pour faire l’olive aux hommes de Ponsetti. Diehl, le goal y sort tout dé ! Les minutes, elles défilent et Tonton Léon y cherche le petit chat qui a de nouveau disparu. La poisse ! Vite, minet reviens ou sinon mon oncle y va attraper une attaque. Ya plus un spectateur qui regarde le match. Toutes les têtes, elles sont toutes tournées vers la maisonnette de Boret et pas de chaton à l’horizon. Mais, au moment où on veut tous se jeter au kassour, le p’tit chat noir y réapparait et Landel y reprend un centre de Constantin et il le met au fond des filets. AYA ZOUMBO ! L’ASSE elle a égalisé, on peut rentrer à la maison et on bénira les chats noirs jusqu’à la saint gliglin. Alors qu’on est hilares du bon tour qu’on a joué au Red Star, Serre de l’ASSE y marque le quatrième but. 4 à 3 c’est la folie qui s’empare du stade. L’arbitre monsieur Nieto y siffle la fin et comme pour narguer le grand monsieur qu’était Pierre Ponsetti, le petit chat noir, presqu’on lui demande de faire un tour d’honneur.

FIN

vendredi 30 mars 2018

Extrait de MA MERE, MES TANTES, L'ALGERIE ET MOI........non encore édité.


L’avenue Malakoff qui guide mes pas vers la maison, défile en travelling arrière. Je revois les images des jours heureux, les supporters en grappes humaines, se précipitant vers le stade de Saint-Eugène, le peuple d’Alger accompagnant vers leur dernière demeure les victimes d’attentats ou chantant les noces de l’été vers les plages de Pointe Pescade, Baïnem ou la Madrague. Heureux temps hélas révolu.
Adieu Alger, bonjour Israël.
Je passe mes derniers jours de français d’Algérie à photographier du cœur les images qui resteront gravées dans ma mémoire : les visages amis, les copains….. l’avenue tant de fois parcourue……., Padovani, la plage de Bab El Oued, comme une amie à jamais conservée dans un coin de mon histoire…… les salles de cinéma que nous prenions d’assaut chaque jeudi lorsque, suprême miracle, nous n’avions pas les poches trouées……. nos enseignants à la pédagogie empreinte d’affection ……….. et, plus tard, cette nostalgie dont je ne connais pas la trajectoire.
--Qu’est-ce que tu as, mon fils, tu as l’air pensif ?
--Je songe, maintenant que le départ se rapproche, ……… je me rends compte que je quitte, à jamais, ma ville natale, mon pays…………..que j’abandonne mon enfance dans les rues du quartier et sur les bancs du jardin Guillemin…… et de l’école Rochambeau. Sans m’en rendre compte, je suis devenu un homme !
Constatant que ma mère et tata Rose semblaient au bord des larmes, je terminais par une pirouette
--Heureusement qu’on sait où on va !
--Tu as raison mon fils, là-bas, tu vas commencer une nouvelle vie avec des nouveaux copains, un nouvel environnement et, pourquoi pas, une jeune épouse ! Commenta tata Rose, l’espoir au cœur.
Mes tantes recommencent à vouloir me marier ! Même la célibataire de la famille me voit en homme rangé. J’espère qu’elles seront suffisamment occupées en Israël avec la réinstallation, l’apprentissage de la langue et leur propre personne pour me laisser respirer. Et de plus, l’armée peut se révéler un havre de paix loin de mes chères tantes.
Plus qu’un jour à sillonner les rues de Bab El Oued. Je veux emmagasiner les odeurs et les bruits, les images et les visages tant de fois croisés au cours d’éternelles balades sur l’avenue des bons copains. Une vie ne suffirait pas ! Demain, c’est le grand départ, l’ultime bouleversement. Mes tantes sourient jaune. Elles grimacent devant l’inéluctable. Pour une fois, elles demeurent silencieuses. Raïbah, les pauvres, je ne les reconnais pas. Elles, d’ordinaire si rieuses. Ma mère fait contre mauvaise fortune, bon cœur. Elle a compris qu’elle ne devait pas en rajouter. Au contraire, elle parle de leur nouvelle patrie avec enthousiasme. Tata Rose l’accompagne dans cette parodie du bonheur. Elles morflent tout autant que leurs sœurs mais montrent un visage serein. Les sœurs Azoulay prennent sur elles comme elles l’ont toujours fait. Je les regarde admirativement. Sœurs courage, sœurs veuvage, filles de la casbah judéo-arabe que la vie a maltraitées. Elles se relèveront. Je les regarde et j’en suis persuadé. Femmes d’un autre temps, femmes d’hier et d’aujourd’hui, femmes de toujours. Je suis fier de faire partie de leur famille. Malgré mes jeunes années bousculées par leur trop plein d’amour, éprises de mauvais sang mais emplies d’amour, elle est ma mère, elles sont mes tantes et je les aime.
ADIEU ALGER
Alger n’est plus qu’une tâche de brume à l’horizon. Depuis déjà quelques minutes, la ville natale semble jouer au chat et à la souris avec les quelques rayons de soleil que laisse filtrer par instant le ciel chargé de larmes.
Comme mes compagnes d’infortune, je fixe l’horizon, le regard fouillant la masse nuageuse qui dérobe la blanche cité sans tamiser le chagrin.
La regarder une dernière fois, la deviner peut-être, au-delà de ce que la nature permet de voir. L’imaginer dans sa parure d’or et de feu. Comme avant, comme hier, comme jadis, quand le bonheur imprégnait de rires les murs de ma maison. Quand il faisait partie du décor, lorsque les parfums chantaient les saisons de mon pays. Quand j’étais français d’Algérie et fier de l’être. Quand j’étais juif d’Algérie et fier de l’être. Lorsque mon père chantait à tue-tête les chansons de Charles Trenet et que ma mère me faisait tournoyer dans un éclat de rire. C’était hier. C’était le bon temps. Les jours heureux. Les larmes des sœurs Azoulay pleuvent en silence. Le chagrin est solitaire quand il est sincère. Avec mes cousines, nous nous isolions afin que notre insouciance feinte ne paraisse pas déplacée.
La mer a noyé Alger. 
18 ans sont passés sur la vie d’un enfant d’Algérie. Au large, des marsouins suivent le Ville d’Oran qui nous déporte vers Marseille. Puis ce sera Israël pour toute fortune. Mes grands-parents seraient fiers de leurs filles. Les quatre sœurs Azoulay ont su se serrer les coudes dans les pires moments de leur existence. Mes cousines auront de qui tenir. Malgré tout, et au bout du compte, je ne changerais pour rien au monde ma place avec quiconque. Ma mère, tata Rose, tata Cécile, tata Irène vous avez veillé sur mon enfance et celle de mes cousines et avaient su prendre le taureau par les cornes durant nos petites années. Chaque fois que ma route a dévié du droit chemin, vous m’avez guidé à grands coups d’amour vers la lumière. Vous avez su préservé la plus belle des richesses en Algérie, le cercle de famille.
En Israël plus qu’ailleurs, je me ferais un devoir de respecter la voie que vous avez tracée, chères sœurs Azoulay.

Le fils de Mireille Knoll sur Bourdin direct du 28/03/2018 (source rmc.b...

ALGER


ALGER


mercredi 28 mars 2018

POLITIQUEMENT CORRECT

-LA FRANCE EST DEVENU LE PAYS DU NON-DIT.
-LA PAROLE EST BAILLONEE PAR LE POLITIQUEMENT CORRECT.
-NE PAS DIRE LA VERITE, CACHER LA VERITE C'EST LE DEBUT DE LA LACHETE.
-PARLER A MOTS COUVERTS BAISSER LA VOIX NE FAIT QUE RENFORCER LA LACHETE.
-LES POLITIQUES SONT LES ROIS DE CETTE RETENUE DE PEUR D'ETRE TRAITES DE TOUS LES NOMS INVENTES PAR LA GAUCHE ET QUE REPRENNENT EN CHOEUR LES PARTIS DE LA DROITE MOLLASSONNE QUE NOUS AVONS EN FRANCE.
-MONTRER DU DOIGT ET DENONCER, CE SONT DES DEVOIRS CITOYENS.
-ALORS MESSIEURS LES POLITIQUES, MONTREZ NOUS L'EXEMPLE ET INDIQUEZ NOUS LE CHEMIN QUI MENE A LA SURVIE DE LA NATION.
-PARLEZ ET MONTREZ NOUS QUE VOUS EN AVEZ !

POLITIQUEMENT CORRECT

LES MOTS NE VEULENT PLUS RIEN DIRE.
SITOT QUE L'ON CRITIQUE UN ARABE, UN NOIR, UN JAUNE, ON EST TRAITE DE RACISTE.
MAIS SI UN ARABE CRITIQUE UN ARABE, UN NOIR CRITIQUE UN NOIR, UN JAUNE CRITIQUE UN JAUNE, QUEL SERA LE QUALIFICATIF EMPLOYE PAR LES PROFESSIONNELS DE L'ANTI RACISME...... ENFIN DE LA GAUCHE, ZARMAH BIEN PENSANTE?
ET SI UN NOIR, UN ARABE, UN JAUNE CRITIQUE UN BLANC.... MOTUS ET BOUCHE COUSUE.
BIEN SUR, IL Y A DES RACISTES DE TOUS BORDS, DE TOUTES RACES ET DE TOUTES CONFESSIONS MAIS POURQUOI QUALIFIER DE RACISTE CELUI QUI AIME SON PAYS ET NE DESIRE PAS LE VOIR ENVAHI PAR DES GENS QUI NE PARTAGENT PAS LES MEMES CONVICTIONS MORALES, INTELLECTUELLES ET RELIGIEUSES?
POURQUOI FAUT IL SE PLIER A CE POLITIQUEMENT CORRECT QUE VEULENT NOUS IMPOSER NOS DIRIGEANTS QUI NE DIRIGENT QUE LEUR CARRIERE ET NE SE SOUCIENT PLUS DE CE QUE DEVIENDRA NOTRE PAYS ET NOS ENFANTS ? POURQUOI, POURQUOI, POURQUOI?????

LA FAMILLE DE CHEZ NOUS DE HUBERT ZAKINE


La famille, la tribu, le clan, la bande, autant de dénominations qui désignaient l’entité auprès de laquelle se rattachaient les membres d’un même arbre de vie.
Autour de l’histoire de l’ancêtre qui osa braver l’inconnu d’un eldorado promis par une France nourricière se greffa de nombreuses ramifications qui s’enracinèrent dans le sol fertile de l’Algérie.
Chaque membre de la famille s’arrima fermement au patronyme hérité de l’ancien comme le naufragé à une bouée de sauvetage avec pour seul alibi la défense de sa Maison. La seule richesse, en ce temps là, se résumant au souvenir du drapeau abandonné au large de la Méditerranée. Drapeau du pays où reposaient les aïeux sans cesse évoqués lors des veillées regroupant tous les enfants d’un même village transalpin, ibérique, maltais ou mahonnais.
Dans ces familles éreintées par la misère, le labeur semblait le dénominateur commun par lequel transitait l’espérance d’une vie meilleure. Travailler pour bâtir un avenir à ses enfants, se sacrifier pour le bien être de sa maisonnée, « suer sang et eau » afin de mériter le respect d’autrui, la reconnaissance de son entourage et la satisfaction de se regarder dans une glace sans détourner la tête, voilà les prières adressées au seigneur par tout un chacun. Cette formidable leçon, gravée dans la mémoire collective des premières années d’immigration européenne en Algérie renforça l’inaliénable unité des familles méditerranéennes devenues « pieds noires » par la grâce d’une France grande, belle et généreuse.
Autour du cercle de famille s’énoncèrent alors les règles de vie essentielles à la survie de la tribu. Le travail bien fait, le courage et l’abnégation, l’honneur du patronyme brandi telle une oriflamme, le respect dû au père et l’amour à la mère, la transmission des traditions s’inoculèrent dans les veines de chaque apatride sans omettre la reconnaissance envers le pays de la délivrance : la France.
Ainsi, les familles issues du bassin méditerranéen, adoptèrent les lois dictées par la raison et le sentiment, portant dans leurs bagages de multiples coutumes qui se fondirent les unes aux autres jusqu’à former une entité que l’on nomma « européens d’Algérie ».
La famille d’Algérie déléguait à chaque membre de la tribu un rôle qui pour être éminent n’en demeurait pas moins discriminatoire pour les tenants du féminisme à tout crin. Mais en ce pays et à cette époque, la révolte n’habitait pas les cœurs. Bien au contraire, l’élément féminin de Bab El Oued n’aspirait qu’à une seule chose : le bonheur de sa Maison.
La femme régnait en maîtresse absolue sur son « chez elle ». Du lever au coucher, en intendante suprême, elle veillait sur son royaume comme sa mère avant elle et sa grand-mère avant sa mère. Toujours aux petits soins avec son mari et ses enfants, femme au foyer de génie, elle partait au marché après avoir rangé son appartement, fait les lits, passé le chiffon du parterre et jeté un dernier coup d’œil afin de constater qu’elle « ne perdrait pas la figure » face à une visite inopinée.
Les deux marchés importants du faubourg se situaient de part et d’autre de Bab El Oued. Coincé entre la Basséta et les Messageries, le grand marché trônait place de l’Alma, répandant toutes les effluves de Méditerranée orientale pour le plus grand bonheur des habitués. La femme de L’Esplanade se contentait du marché Nelson, plus petit, plus calme et moins achalandé que son grand frère turbulent. Véritable institution qu’aucune femme n’enfreignait, la sortie du marché se voulait le prétexte inavouable de rencontres et de discussions à bâtons rompus avec une amie, une parente ou simplement une ménagère interpellée pour connaître une recette de cuisine dont elle s’enorgueillissait d’en détenir le secret.
Pendant ce temps, l’homme profitait de sa retraite, d’un jour chômé ou férié, du dimanche matin pour remonter les aiguilles des trois horloges de son enfance auprès d’anciens camarades de classe, de rue ou de football. Le brouhaha qui s’en suivait offrait un aperçu sonore et gestuel de la joie de vivre qui régnait dans le faubourg.
Le reste du temps, la femme s’activait dans sa maison, au four et au moulin, lavant, repassant, cousant, reprisant, cuisinant, faisant réciter les leçons aux enfants, surveillant leurs devoirs, veillant sur leur santé, attrapant « des coups de sang » pour le moindre bobo, appliquant les enveloppements d’alcool, brûlant les ventouses sur le dos du malade, prenant la température sur son front, en un mot comme en cent, la femme était la poutre maîtresse sur laquelle reposait tout l’édifice familial.
Choyés comme dans tous les pays méditerranéens par une mère omniprésente et souvent une grand-mère-gâteau, les enfants demeuraient des « petits » tout au long de leur vie pour celles qui les avaient mis au monde. Aussi, la présence d’un garçon adulte et célibataire sous le toit des parents ne soulevait nul étonnement de l’entourage de la famille car tout le monde était logé à la même enseigne. A plus forte raison, une jeune fille qui se serait risquée à quitter le domicile pour une autre raison que le mariage était immédiatement cataloguée comme « la dernière des dernières ». A Bab El Oued, on n’était pas mauvaise langue mais on avait son franc parler.
Les grands-parents complétaient à merveille l’éducation des parents. Auprès des petits enfants, ils suppléaient avec mansuétude la présence du père ou de la mère et désarmaient, souvent, leur colère pour une mauvaise note du fils ou le retard de la fille. Car ici plus qu’ailleurs, si l’enfant « oubliait » l’heure, la punition tombait inéluctablement et parfois, la « baffe » marquait au fer rouge la joue de l’imprudent qui jurait alors ses grands dieux que cela ne se reproduirait plus. Plus que le non-respect de la consigne, l’inquiétude était la seule responsable de la sanction car le Bab El Ouédien possédait une imagination débordante qui lui faisait entrevoir la fin du monde pour un simple retard de cinq minutes, un rhume de l’aîné ou une mauvaise grippe de la cadette.
Consolé par la grand-mère, l’enfant mesurait combien la présence des anciens adoucissait son chagrin ou tamisait sa colère. Il en était ainsi dans toutes les familles au sein desquelles le respect et l’amour envers les parents et grands-parents figuraient en toute première place dans le livre d’or des gens de ce pays.
Aucune fête ne se déroulait sans la présence discrète d’une vieille petite mémé ou d’un grand père silencieux mais attentif aux moindres facéties de l’un de ses petits enfants. Parfois, il s’improvisait conteur des années anciennes afin de faire voyager dans le temps une jeunesse avide d’emmagasiner les visions d’une époque inconnue, bâtisseuse d’Alger. Défilaient alors toutes les images sépia de la destruction des remparts, des messieurs en gibus et des demoiselles en crinoline se promenant avenue de la Bouzaréah ou fréquentant le Kursaal, des premières baignades à la plage des bains Nelson, du centenaire de l’Algérie et son cortège de magnifiques cavaliers paradant sous les vivats de la foule,……
« C’était le bon temps » répétait-il sans savoir que ses petits enfants raconteraient un jour à des bambins aux cheveux noirs l’épopée de leur génération en répétant cette phrase empreinte de nostalgie mais tellement vraie quelle que soit l’époque révélée.
Pour toutes ces raisons, les familles qui possédaient la chance sublime de voir se côtoyer trois générations sous un même toit ne se privaient jamais de ce bonheur, réservant, au contraire, une place de choix à leurs aînés.
La dignité habitait les maisons de Bab El Oued et chacun se faisait violence afin de ne point être la cible de la médisance, du qu’en dira t-on.
Une famille maquillait sa pauvreté par mille et un stratagèmes qui détournaient l’attention de l’entourage. Avec la discrétion pour seule arme, une famille en difficulté donnait le change à son voisinage mais le faubourg savait rassembler tout son petit monde autour de notions affectives n’ayant qu’un lointain rapport avec le porte monnaie.
Plus qu’ailleurs, Bab El Oued abattait les frontières entre les riches et les pauvres par une communauté de vues sur les choses de la vie passée par le filtre du bon voisinage. Qu’importait alors si la main tendue sentait l’eau de Cologne ou la sciure de bois.
Le « matelas par terre » pourrait être qualifié en ce quartier comme le signe le plus évident de la prédisposition des gens de ce pays pour la convivialité.
Tous les prétextes semblaient bons à une famille pour retenir l’invité à dormir. Un matelas par terre et le tour était joué. Un enfant s’emparait de la nouvelle couche et cédait dans la joie son lit à la tante, l’oncle ou le cousin. Cette pratique était considérée comme une banalité tant elle était répandue en Algérie. Elle prolongeait la journée et promettait des lendemains heureux.
Il en était de même avec l’improviste que l’on invitait à sa table sans manière car ici les portes s’ouvraient avec bonheur sur l’amitié et la famille. Le plaisir de recevoir semblait plus jouissif et plus excitant que la joie d’être l’invité. La mère de famille aimait recevoir à sa table ses frères, ses sœurs, les petits qui étaient servis avant les adultes, ses tantes et oncles et parfois l’assiette du pauvre trônait en bonne place pour l’absent d’un jour ou définitivement parti pour un monde meilleur.
Malgré les soucis, le bab-el-ouédien n’étant pas riche, la maîtresse de maison
« s’arrangeait » souvent avec des riens pour façonner un menu frugal dont chacun se souvient avec tendresse.
Les voisins recevaient en offrande les gâteaux de la fête chrétienne, musulmane ou israélite car le bon voisinage, en ce quartier, n’était pas un vain mot ou une vue de l’esprit.
Il n’était pas rare à Bab El oued d’apercevoir deux « ménagères » en panne de menu se « tenir la jambe » mutuellement durant des heures, de balcon à balcon, oubliant à l’occasion la loubia sur le feu dans une chaude odeur de brulé.
Les réunions de famille accaparaient nos dimanches chez l’un ou l’autre des membres de la tribu. Là-bas, la solitude n’existait pas, tout au moins pour ceux qui appartenaient à une famille « bien comme il faut ». Il semblait totalement incongru d’abandonner une « solitude » à son isolement les dimanches, jours de fêtes ou autres jours fériés. On ne concevait pas de réveillonner en famille sans la présence de nos anciens isolés ou pas. Ne pas laisser sur le trottoir un ami, un parent ou une personne malade, c’est sans doute la leçon de vie comportementale essentielle que Bab el Oued a gravé, indélébile, sur mes jeunes années.
Il m’en est resté une propension à l’amitié et à la famille quasiment indestructible sans pour autant la gaspiller en de vaines attaches.
La famille d ‘Algérie s’agrandissait souvent par le biais de l’amitié. Les portes ouvertes sur les paliers qui invitaient le courant d’air du voisinage entretenaient les bonnes relations entre les locataires d’un même immeuble. Ainsi, s’instaurait une complicité permanente au sein des coursives, des balcons et des escaliers, renforcée par l’entraide et le besoin de rendre service, l’offrande d’un morceau de gâteau « qui fond dans la bouche tellement qu’il est moelleux !» ou simplement le bavardage de balcon à balcon entre femmes retenues chez elles une bonne partie de la journée par les allées et venues des enfants. Ces femmes pieds noirs alimentaient et cultivaient leur différence par un besoin viscéral de se retrouver entre elles pour parler de la voisine parfois, de la famille souvent, de leurs enfants toujours. A la manière orientale. Sans la présence d’un homme pour écouter leurs propos. Avec le fou-rire en invité permanent.
Pauvres ou aisées, les familles de Bab El Oued partageaient les mêmes sentiments, les mêmes angoisses et les mêmes espérances. Un bon travail pour le chef de famille, la réussite pour les enfants et dominant tout son petit monde, le rayon de soleil de la maison, la mamma.

mardi 27 mars 2018

Israël, « État nation du Peuple Juif » : c’est imminent©

Israël, « État nation du Peuple Juif » : c’est imminent©


Israël, « État nation du Peuple Juif » : c’est imminent

le 15 mars 2018, le Comité de la Knesset a approuvé les principes de la Loi fondamentale qui définit l’État d’Israël comme « État nation du peuple juif ». Le Parlement doit, dans les toutes prochaines semaines, élaborer et approuver la version définitive du texte. Pour le Président du Comité, Amir Ohana, il s’agit de « la Loi de toutes les Lois ». De son côté, le Ministre du Tourisme Yariv Levin, l’a qualifiée de « projet de Loi phare du sionisme » qui « remettra Israël sur le bon chemin, à savoir que c’est l’État nation du peuple juif ».
Inversement, la députée palestinienne de la Knesset, Aida Touma Souleiman, a critiqué le projet de Loi estimant qu’il institutionnalisera, de façon flagrante, un régime d’apartheid (sic).
Parmi les mesures majeures, « l’arabe » ne sera plus une langue officielle de l’État juif (à côté de l’hébreu, principe repris de la version proposée par Avi Dichter en 2011). Le Droit à l’autodétermination y est réservé au seul peuple juif et Jérusalem en est bien sa capitale. Sur le plan migratoire, le texte conserve les principes précédemment adoptés, à savoir que la mission d’Israël est de rassembler les exilés et d’accorder un droit au retour aux seuls membres de la communauté juive qui veulent s’y établir.
Pour autant, la finalité essentielle de la Loi sur l’État nation du peuple juif vise à corriger la contradiction issue de la Loi fondamentale de 1992 sur « la dignité humaine et la liberté » qui a défini l’État d’Israël comme un « État juif et démocratique ».
Sur le fondement de la Loi de 1992, des groupes palestiniens d’Israël se prétendant comme défendant « les droits de l’homme » ont présenté des requêtes devant les tribunaux pour qu’Israël respecte la notion d’égalité.
De même, le député palestinien de la Knesset Azmi Bishara, avait bien compris la faiblesse du système institutionnel israélien, la Loi de 1992 étant susceptible de devenir l’instrument légal de la destruction de l’État juif. Il avait alors, avec un groupe de députés palestiniens de la Knesset, diffusé un document intitulé « une vision de l’avenir » exigeant d’Israël qu’il se transforme en une « démocratie civique », c’est à dire « une démocratie consensuelle » où tous les citoyens auraient les mêmes droits. Le service de police Shin Bet avait du intervenir publiquement en qualifiant le document de « subversif » et en assurant « contrecarrer » toute entreprise dans ce sens.
L’affaire Kaadan a (une nouvelle fois) mis le problème en lumière : un citoyen palestinien d’Israël, Adel Kaadan (arabe israélien) avait saisi la Cour suprême israélienne pour être autorisé à vivre dans l’une des communautés exclusivement juive d’Israël. Il en avait été refusé par un comité d’admission qui avait bloqué son accès dans la collectivité. Ses avocats avaient alors invoqué l’existence d’une discrimination à l’égard des palestiniens d’Israël qui ne pouvait s’établir dans le lieu de leur choix.
Le Gouvernement de Netanyahou avait du intervenir, en 2011, pour régler le problème en donnant une base légale à ces « comités d’admission ».
Aussi, la Ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a-t-elle invoqué l’affaire Kaadan pour justifier l’adoption de la Loi sur l’État nation du peuple juif : «Il est normal qu’une communauté juive soit, par définition, seulement juive ».Elle a donc annoncé entreprendre une « révolution constitutionnelle » pour remettre en question la loi fondamentale de 1992 sur la liberté et la dignité humaine afin de « remettre droite la voie ferrée, tordue il y a un quart de siècle ».
La Ministre de la Justice a alors lié le projet de loi sur l’État nation du peuple juif à d’autres révisions qu’elleentend apporter, notamment à la loi fondamentale relative aux pouvoirs de la Cour suprême. Avec la Loi de 1992, «  les décisions de justice au cours des 20 dernières années, ont fait référence aux valeurs universelles et non au caractère juif de l’État ». Désormais, la Cour Suprême israélienne ne pourra plus s’ériger en qualité de législateur et décider de la norme applicable (violant ainsi le principe de séparation des pouvoir). Elle se référera uniquement à la judéité de l’État.
Bien évidemment, pour les palestiniens d’Israël (que l’État juif appelle, historiquement, les « arabes israéliens »), la Loi sur l’État Nation du Peuple juif empêchera de faire d’Israël une démocratie normale de type occidentale. Par ailleurs, elle devrait encourager l’annexion des territoires de la zone C de Cisjordanie (sous contrôle civil, administratif et militaire exclusivement israélien en vertu des accords israélo-palestiniens de paix, dits d’Oslo). Ainsi, les détracteurs du projet, juifs ou non, critiquent-ils le texte au motif que l’État d’Israël ne sera pas «juif et démocratique» mais deviendra une « ethnocratie non démocratique ».
Il n’en est rien. La Loi sur l’État Nation du peuple juif n’est qu’une application du « Droit des peuples à disposer de lui même » : le peuple juif est libre de décider de son cadre institutionnel et des orientations philosophiques de sa société, sans l’interférence de tiers n’appartenant pas la nation juive.
Sur ce point, la présence de « députés palestiniens » qui siègent au sein de la Knesset est une parfaite aberration que la Loi nouvelle devrait régler, en l’interdisant. Israël appliquera alors la règle en vigueur dans les démocraties occidentales : les non nationaux ne peuvent être électeurs ou éligibles à l’occasion des scrutins nationaux. Ils le seront uniquement à l’occasion des scrutins locaux. Bien évidemment, les députés palestiniens de la Knesset pourront toujours apporter leur connaissance et leur maîtrise du fonctionnement démocratique des institutions, pour aider l’Autorité Palestinienne (dans les zone A et B de Cisjordanie) et le Gouvernement d’Ismaël Hanyieh (dans la bande de Gaza) à les mettre en place dans les territoires qu’ils contrôlent.
De même, et grâce la Loi sur l’État Nation du peule juif, Israël pourra définir qui en sont les membres, à savoir ceux dont la mère et juive ou ceux qui se sont convertis au judaïsme, tout comme le Code civil français définit qui est français ou comment il est possible d’acquérir la nationalité française.
S’agissant de la présence sur le territoire, Israël pourra étendre la Loi du 8 mars 2018 (sur le retrait du titre de résident permanent des palestiniens et leur expulsion, en cas de manquement à l’obligation de loyauté a l’égard d’Israël), à toute personne, juive ou non, qui porterait atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation juive.
Enfin, l’État d’Israël pourra offrir aux juifs de diaspora (qui le souhaitent), en la subordonnant aux respects de conditions qu’il décidera, le bénéfice de la nationalité israélienne puisqu’ils font partie de la Nation juive et qu’Israël est leur État nation. La nationalité est, en effet, le lien juridique qui relie un individu à son État, quelque soit son lieu de résidence. (Tout comme ceux qu’Israël appellent « les arabes israéliens » sont bien des palestiniens pour les institutions palestiniennes).
Ainsi, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou n’aura plus à attendre des palestiniens qu’ils reconnaissent Israël comme État juif, mais juste qu’ils en prennent acte. De même, le statut de Jérusalem et sa judéité ne seront plus sujet à discussion (pas plus que le caractère palestinien de Ramallah, Jenine ou de Tulkarem).
Tout à fait curieusement, le Gouvernement français a eu l’occasion de s’exprimer sur le projet de Loi définissant Israël comme étant « le foyer national du peuple juif » (JO Sénat 17/01/2018 p 22).
Après avoir indiqué « qu’il n’appartient pas à la France de se prononcer sur les discussions de parlementaires étrangers. De même, il nous serait sans doute difficile d’accepter le regard d’autres États sur nos propres débats », le secrétaire d’État du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères a indiqué que le texte suscitait des préoccupations pour la France (sic).
La première tiendrait au risque de discrimination à l’égard de la population arabe. Que la France se rassure : Israël distinguera comme la France, les nationaux, les non nationaux en situation régulière, et les non nationaux en situation irrégulière. Les arabes israéliens feront partie de la seconde catégorie et ne subiront aucune discrimination.
La seconde préoccupation porterait sur la conformité de ce projet à la solution à deux États, et le risque de discrimination entre citoyens juifs et arabes qui en constituerait un obstacle. Il n’en est rien. Les palestiniens peuvent toujours décider de créer un État palestinien sur les territoires de la zone A et B de Cisjordanie, et un autre sur la Bande de Gaza, puisque tel est la réalité géopolitique. Les arabes israéliens pourront alors s’inscrire sur les listes électorales palestiniennes et participer aux scrutins nationaux palestiniens.
La troisième préoccupation de la France concernerait Jérusalem. Le secrétaire d’État a juste mentionné (de façon évasive) que la position de la France était constante et que le Président de la République avait évoqué certains points avec le Premier Ministre israélien, en particulier celui de la « colonisation » (sic). Jérusalem est la capitale d’Israël depuis sa naissance et les implantations juives se situent sur la zone C de Cisjordanie. Il n’y a donc pas de colonisation.
En conclusion, il est indiqué que « le climat est tendu en ce moment et qu’il vaut mieux y regarder à deux fois avant de le tendre un peu plus ». Sur ce point, rappelons au gouvernement français que le climat est tendu depuis le 15 mai 1948, lorsque les États arabes de la région ont déclaré la guerre à Israël (le lendemain de sa naissance), que les tensions se sont poursuivies lorsque la Charte de l’Olp de juillet 1968 a institué le peuple palestinien et s’est fixée de détruire l’entité sioniste sur un fondement national, et qu’enfin, elles ont été ravivées avec la Charte du Hamas de 1987 qui a enjoint aux palestiniens de détruire Israël, sur injonction d’Allah.
Pour le 70ème anniversaire de sa naissance, Israël devrait donc honorer sa vocation historique, n’en déplaise aux palestiniens et à la communauté internationale.
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach