dimanche 12 novembre 2017

ALGER

   LE STADE DE SAINT EUGENE SOUS LE REGARD  DE NOTRE DAME D'AFRIQUE

mercredi 8 novembre 2017

ALGER





LE DRAPEAU DECHIRE DE HUBERT ZAKINE

MON OUVRAGE "LE DRAPEAU DECHIRE" QUI EST RESTE A L'ETAT DE PROJET
(pour combien de temps, dieu seul le sait)


Dans cet ouvrage, j'ai volontairement utilisé, telle d'une rengaine le terme français. Je l'ai mêlé à toutes les sauces, à toutes les phrases. Pour un oui, pour un non.
J'ai également commis à son propos, nombre de répétitions.
Pourquoi ? Pour bien expliquer l'importance que revêtait ce mot dans ma vie et dans celle de mes frères d'Algérie. La politique et les politiciens, les métropolitains et leur égocentrisme, de Gaulle et ses mensonges m'ont amputé de ma fierté française.
J'abandonne le terme français puisque je suis l'Algérie et qu'elle a cessé d'être française.
Aujourd'hui, je ne revendique plus que les identités israélites et pieds-noirs, délaissant celle que m'offrit ma naissance sur le sol jadis français.

Ma naissance française. 25 mai 1944.
A cette époque, l'Algérie c'est la France. Une France en guerre. Une France libre. La plupart des hommes en âge de porter les armes défendent la patrie en Italie en Tunisie en Libye ou en métropole. En mai 1944, mon père se trouve à Drancy antichambre de Dachau. Grâce à l'habileté manœuvrière de compagnons d'infortune il s'échappe de ce camp ou transitèrent des milliers de juifs en partance pour les camps de la mort. La paix revenue, il rentre avec ses frères d'armes en Algérie, fier d'avoir défendu la patrie en danger, heureux de retrouver son épouse ses trois enfants, sa maison, sa ville natale.
Deux ans après, il meurt atteint d'un mal incurable. L'épisode de mon père est bref. Trop bref. Mais orphelin de sa présence à l'âge de trois ans, je ne peux me souvenir que de son absence.
Absence que ma mère s'efforça de combler à force d'amour, de douceur et de travail.
Mon identité nationale ne fut révélée comme pour tous les enfants du monde par mon entrée à l'école maternelle.
En 1949, la fierté d'être française éclaboussait l'Algérie tout entière, la recouvrait d'un immense drapeau tricolore. La patrie vaincue avait fait appel à ses fils nés de l'autre côté de la Méditerranée qui répondirent comme un seul homme à cette mobilisation générale. Musulmans et européens mêlés dans le même éloge, la métropole reconnaissante leur adressa un vibrant hommage par la voix du général De Gaulle en personne. Et ces enfants de la mer et du soleil en tirait une gloire nationale, locale et originelle.
En participant à la reconquête nationale, le petit-fils d'étrangers comme son aïeul de 1870, héritait de plein droit de l'identité française, ne serait-ce que par le sang qu'il ne manquât pas de verser. Cette reconnaissance absolue qu'il revendiquait sans en jamais recevoir l'absolue confirmation lui fut accordé à son retour triomphal sur sa chère terre d'Algérie.
Grandir dans cette atmosphère de fierté française, baigner mes premières années dans les trois couleurs de la France éternelle me révéla un sentiment dont je ne soupçonnais pas la trajectoire future : le patriotisme.
De cette époque, j'ai retenu la leçon suivante : le degré de patriotisme chez un individu est inversement proportionnel à l'âge où on le lui a inculqué. Plus le sujet est jeune, mais ce sentiment nationaliste sera dans sa tête et dans son cœur. Plus difficile lui paraîtra la séparation, la rupture avec sa patrie.

1949
Ma maîtresse d'école écrit à la craie : « Alger », poursuit à la craie blanche :« République » et il termine en rouge
« Française ». Alger république française.
Durant toute l'année scolaire, cette affirmation tricolore nous aveugla. Nous ne pouvions lever la tête sans qu'elle ne nous sautât aux yeux. Elle enroba notre insouciance de papier bleu, blanc, rouge que notre maîtresse ravivait chaque fois que les couleurs se délavaient. Si l'on nous avait marqué au fer rouge, nous n'en aurions gardé le souvenir aussi vivace.
Puis ce furent nos ancêtres les gaulois, les plaines verdoyantes, les monts enneigés, Louis XIV et Charles le téméraire, Marie-Antoinette et la révolution de 1789.
Nous étions des Français comme ceux de métropole.
Personne ne se posait la question de savoir si le parisien, le lillois ou le marseillais était plus français que l'Algérois, l'Oranais le Constantinois.
Un homme ne s'interroge pas sur sa certitude d'être un homme. Il le sait une fois pour toutes. À la vie, à la mort.
Un Français non plus, il est français, un point c'est tout. Comme tous les autres Français.
La seule différence réside dans son accent ou sa couleur de cheveux. Dans sa religion aussi.

Mon appartenance à la communauté juive
Dans ma famille, à l'école, au jardin, j'entendais souvent prononcer le mot juif. Ce terme m'a poursuivi inexorablement jusqu'au jour où je me rendis compte qu'il allait me prendre par la main et le cœur pour m’emmener au bout du voyage de la vie.
Que je faisais partie, dès ma naissance, et par ma naissance, de ce que l'on a coutume d'appeler la nation juive. Israël ! Quel joli nom ! Je suis israélite, je suis juif.
--Maman je suis juif ou je suis israélite ?
--C'est la même chose mon fils.
--Je suis français aussi. C'est la même chose ?
A-t-on idée de poser pareille question à cinq ans !
--Français ça veut dire être né en France.
--Mais je suis né en Algérie !
--Oui mais l'Algérie c'est un morceau de la France
--Ah bon.
--Et juif, ça veut dire que tu es de religion juive
--Qu'est-ce que c'est la religion ?
--La religion c'est la croyance d'un peuple pour un dieu.
--Et notre Dieu il est juif ou il est français ?
La pauvre ma mère.
--Il est juif mais il est présent pour tout le monde, mon fils. Pour les juifs et pour les autres.
Je dois avouer que je n'avais pas tout compris mais deux certitudes ne me quittèrent plus. J'étais juif et j'étais français.
Les juifs, hier très nombreux dans la casbah d'Alger, s'étaient déplacés massivement dans les nouveaux immeubles de Bab-el-Oued. Aussi, on retrouvait une très importante communauté israélite au sein du populeux quartier de la porte de la rivière. À l'école Rochambeau, mes camarades de classe s'appelaient Lévy, Cohen ou Boisis. Nos parents, jadis écoliers rue de Toulon ou du Soudan, usèrent leurs fonds de culottes dans cette casbah judéo arabe. Aujourd'hui, dans ce quartier modernisé à l'européenne, ouvert sur la mer et la joie de vivre, ils nous transmettaient le relais de leur amitié d'autant plus aisée à assumer, qu'en Algérie la rue et les jardins étaient le domaine sinon exclusif, du moins privilégié des enfants.
Dès l'âge de cinq ans, nous nous accaparions de toutes les aires de jeux possibles ; les entrées de maison, les ruelles, les squares, les places, les escaliers très nombreux à Alger constituaient un tremplin idéal à la conquête de l'amitié.
Une amitié aussi facile à récolter que le muguet au mois d'avril tant le peuple d'Algérie secrétait de joie de vivre dans laquelle l'amitié prend racine et puise l'énergie nécessaire à son développement.
Qu'ils s'appellent Pappalardo, Bensimon, Nadal ou Hamad, nous leur offrirons notre affection sans retenue si leur comportement le mériter.

vendredi 6 octobre 2017

LAURA ET MAURANE

https://ripostelaique.com/vous-avez-tous-sur-les-mains-le-sang-de-laura-et-mauranne-poignardees-par-un-musulman.html

jeudi 21 septembre 2017

Extrait de SOUVENIRS D'EN FACE -tome 3- de Hubert Zakine (A PARAITRE EN 2018)



Les amis y rappliquent. Même pas j’les calcule. Elizabeth, elle me demande avec sa voix caramélisée si je veux la ramener jusqu’à chez elle. Moi, je pense qu’elle veut peut-être me faire visiter sa buanderie. Elle me fait les gros yeux. Rien que pour narguer les amis, je les laisse en plan et je raccompagne la demoiselle. Marcher avec elle, même si je lui donne pas la main, ça me fait quelque chose. Avec Julie, même pas, je faisais cas alors qu’elle me laissait tout faire mais, Elizabeth, on dirait qu’je marche avenue d’la Bouzaréah avec une fille trop classe pour un gavatcho comme moi. Gavatcho ou pas gavatcho, je fais un pari avec moi-même, houlà, si j’lui donne pas un baiser dans une entrée de maison de la rue cavelier de la salle. La maison de Martoune elle est très sombre. Je l’entraine  et adrop ninette, je la coince et je la bécote comme un chef. Purée, elle aime ça……elle fond…..elle sait pas trop mais elle se laisse faire….ses tétés je les laisse tranquilles…….les baisers y s’éternisent……putain, ses lèvres……mieux que du caramel Fausta de mon enfance.

Ca y est ! Elle s’est lâchée avec le gavatcho de service…….attends ta mère, la prochaine fois, je l’emmène au cinéma et après, y faut que je trouve une bauanderie.



Roland, avec l’expérience d’un ex-puceau, toujours y me conseille.

--Qué tu nous emmerdes avec les filles ? (il est très grossier quand il est en colère) Y en a pas une pour racheter l’autre.

--Et alors, comment je fais ?

--Tu laisses pisser !

--Ouais, mais c’est des mots tout ça ! Alors, tu dragues plus, tu bécotes plus, tu touches plus…..

--Va te toucher, va

--Moi, la vérité, je préfère la toucher ! Heureusement, la plaisanterie elle fait mouche à chaque fois  ou sinon, y se fâche.

C’est bien simple, j’le reconnais plus, mon Roland ! Y me fait le même coup qu’avec Julie. J’vais plus lui raconter mes fredaines et puis, c’est tout !!

Les amis y sont péteux depuis l’affaire du cinéma. Y me connaissent, y savent que j’peux être mauvais comme une teigne mais pas avec eux. Ça me passe plus vite qu’un avion à réaction même si zarmah je leur en veux.

Ma mère, elle est pas contente. J’ai arrêté le lycée pour rentrer au Trésor, avenue du 8 novembre. Aouah, l’école et moi, ça a jamais collé. Notre idylle, c’était du zbérote. J’ai aimé qu’un ou deux profs et puis basta ! Papa Aïach et à la rigueur, Belao.

Purée, pour entrer au Trésor, j’ai passé un examen que même les analphabètes y réussissent brillamment tellement c’est facile. Voilà, je suis dans un bureau aéré qui donne sur la Place du Gouvernement. La classe. En plus dans mon bureau, y a deux canus, mais des vrais  canus, pas des canus à moitié canus, qui ont 19 ans. Je sais, elles sont trop grandes pour moi mais qui c’est qui peut m’empêcher de rêver ? Dès le premier jour, elles m’ont pas calculé. Alors, comme j’suis pas nul en calcul et comme j’ai pas froid aux yeux, je les ai fait rire. Depuis, elles m’ont à la bonne. Elles croient pas qu’je suis Jerry Lewis mais, au moins elles me parlent.

Et j’ai l’air moins torrène à côté d’elles.


Mon chef de service lui aussi y m’a à la bonne. Y s’appelle Mamane comme ma tante, la sœur de ma mère qu’elle a épousé Prosper Mamane. C’est d’la famille éloignée mais le principal, y fait partie d’la famille. Chez moi, tout le monde y me voit monter en grade fissa, fissa surtout ma mère, total, je suis seulement vacataire, je vaque ! Je sais que j’dois d’abord être auxiliaire et ensuite titulaire. Haréné harassé ! Ça veut dire : c’est pas demain, la veille ! 
A présent, ma mère elle a trois salaires pour faire vivre sa famille. Raïbah, acheter juste ce qu’elle avait  besoin pour faire à manger à ses trois morfals,  abandonner le carnet de crédit de mon épicière, madame Bazas, c’est bel et bien fini. Ça lui fait tout drôle de payer rubis sur ongle ses achats, y a pas à dire, ça la change. Mais attention le gaspillage, un sou c’est un sou. Quand on n’a pas l’habitude d’avoir de l’argent dans les poches, on est tentés de dépenser. Peut-être pour les autres mais pas pour nous. On a été élevés à la bonne école de ma mère, va ! Alors, si jamais, y en un qui dérape, mon commandant de frère aîné, il a tôt fait de nous remettre sur le droit chemin. Le zig zag, y connait pas. Mais quand même, quand même, ça fait du bien de se sentir comme tout l’monde.